Gourmand`Iz


2. Trouble

« Elle en avait connu d’autres, des corps qu’elle désirait, des bouches sur lesquelles elle fixait son regard, des paroles qu’elle buvait… Elle en avait ressenti avant, des frissons de désir, des angoisses de femme amoureuse, des papillons dans son ventre… Elle en avait attendu plusieurs, des mains sur son corps, des baisers sur sa peau, des promesses au creux de son oreille… Elle en avait recherché sans cesse, des ombres imparfaites, des abris passagers, des lits anonymes… Elle en avait poursuivi sans relâche, des chimères sans lendemains, des partages inespérés, des rêves utopistes…

Pourtant, un feu nouveau consumait ses veines. Comme un rayon de soleil, un trait de couleur, dans un ciel qu’elle ne voyait jusqu’alors qu’en noir et blanc. Une femme. Une amie. Une flamme incomparable avec celles connues précédemment… 

Elle l’a revue. Elle est d’abord tombée amoureuse de son sourire, puis de sa nuque gracile. Juste après, elle a craqué pour un éclat de rire et a fondu pour une maladresse bouleversante. Ensuite, conquise par son parfum frais et estival qui chatouillait ses narines aussi bien que son coeur, elle est tombée amoureuse de la moindre parcelle de sa peau restée dénudée.

Le désir est apparu, lui, au détour d’une anecdote qu’elle lui a confiée au creux de l’oreille. Il ne l’a pas quittée depuis et brûle, brûle dans le bas de son ventre.

Elle a voulu lui prendre la main mille fois. Mille fois, elle s’est retenue. Elle a voulu courir vers elle cent fois. Cent fois, elle a reculé.

Pourquoi ? Parce que bien plus que l’amour et le désir, la peur était sa nouvelle alliée. Parce que non, rien n’avait disparu quand elle l’avait revue. Parce que leur amitié n’avait pas su reprendre le pas sur sa nouvelle ardeur. Parce que son désir d’elle grandissait. Parce que ni la peur de perdre une amie, ni celle de se révéler différente de tout ce qu’elle avait toujours pensé être n’avait eu raison de cette nouvelle folie. Parce qu’elle n’avait pas envie d’arrêter de se découvrir dans ce nouveau rôle. Parce qu’elle la voulait. Fort, très fort. Et que ce mélange de peur, d’amour et de désir éveillait en elle une nouvelle force, une nouvelle harmonie. Et bien que terrifiante, cette nouvelle réalité l’attirait bien trop pour qu’elle décide de s’en éloigner ou de la taire.

Ce qu’elle va faire ? Miser, jouer, parier sur l’avenir. Etre opportuniste. Observer, tenter.

Encore aimer. »


  1. vanes écrit:

    Encore un texte émouvant et boulversant..

    Citer | Posté 15 juillet, 2009, 20:16
  2. Iz` écrit:

    Merci, merci, merci, j’en deviens pivoine, merci ma Choupette.

    Citer | Posté 15 juillet, 2009, 21:16

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