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A définir seul(e) ou à deux…

Je me suis toujours insurgée contre les grandes lois sociales, en particulier contre une avec laquelle je suis loin d’être d’accord… Et si je m’insurge, c’est parce que je ne comprends pas que la Société ait son mot à dire dans quelque chose qui devrait se décider à deux uniquement… Sans que personne autour ne puisse porter le moindre jugement dessus…

Pourquoi est-ce que le fait d’avoir plusieurs partenaires sexuels pendant la même période est-il forcément mal ?

Quand on est célibataire, et qu’on enchaîne les histoires courtes et frivoles, on est vite taxé de Don Juan au mieux, de connard au pire quand on est un homme ; de séductrice au mieux, de salope au pire, quand on est une femme… Mais où est le mal ? Où est le vice ? Profiter des plaisirs de la chair, se donner dans une étreinte unique puis passer à autre chose, sans en faire toute une histoire, sans en faire grand cas… est-ce si mal ? Dans le process, personne n’a été blessé, heurté, personne n’a souffert… Deux individus se sont aimés le temps d’un frisson partagé… Est-ce si mal si la fois d’après, l’autre n’est plus le même ? Cela remet-il en question ma parfaite sincérité au moment où j’ai été dans les bras de celui d’avant ?

Quand on est en couple… Là, c’est pire… L’exclusivité (définie comme « possession sans partage » – !!!!!! – par Reverso) est une clause quasi-systématique dans tous les contrats amoureux… Au nom des bonnes moeurs, de la moralité, des préceptes religieux, on se doit à soi, et on doit à son compagnon, de n’être qu’une « possession sans partage »… Je ne juge aucun des couples qui se sont promis la fidélité et l’exclusivité, c’est une décision que je peux comprendre et respecter lorsque A & B affirment et assument clairement cette décision qu’ils ont prise à deux

Mais imaginons que A & B tombent d’accord sur une autre définition de leur relation… Un contrat qu’ils écrivent à deux, en y mettant des tonnes de promesses (« je te promets qu’il n’y a qu’à toi que je confierai mes angoisses et mes rêves »), d’engagements (« je serai là pour calmer chacune de tes douleurs »), de souhaits (« j’aimerais qu’un jour tu sois le père de mes enfants »)… Imaginons qu’à la liste de ces choses qu’ils ne veulent vivre qu’ensemble, ils prennent la décision d’y ajouter une clause de « non-exclusivité » en matière de sexe… Que sans pour autant aller à l’encontre de tous leurs engagements, ils s’offrent, l’un à l’autre, la possibilité, le droit, de vivre une sexualité parfois dissociée de leur amour… 

De quel droit C, X, J ou M peuvent-ils juger cette décision ? Qui peut dire que ce n’est pas « bien » ? Que ce n’est « pas de l’amour, dans ce cas là ! » ? Qu’A & B sont « infidèles » ?

La définition de l’infidélité (Reverso, toujours), c’est ça :

  • fait d’être infidèle, de manquer à ses engagements
  • inconstance en amour et en amitié
  • trahison, déloyauté envers quelqu’un 

Si A s’offre du bon temps avec un autre que B, manque-t-elle à ses engagements ? Non, puisqu’elle ne s’était pas engagée à ça… Est-elle inconstante ? Non, puisqu’elle retournera vers B ensuite… A-t-elle trahi B, été déloyale envers lui ? Non, puisqu’il est d’accord avec ce qu’elle fait…

Personne ne peut décider ce qui peut ou doit se passer au sein d’un couple… si ce n’est les deux personnes directement concernées…


La vie d’adulte

Tu payes des factures, des loyers, des impôts…

Tu n’as plus de récré, de marelle, de grand-père qui te tend ton goûter à la sortie de l’école…

Tu ne sautes plus dans les flaques, personne ne te trouve plus « à croquer » quand tu fais un caprice, on te regarde de travers si tu dis « tu » à une personne plus âgée…

On ne te berce plus, tu es ridicule si tu laisses la veilleuse allumée pour dormir, tu passes carrément pour un débile si tu mets une pièce d’un euro dans une machine à grosses boules de chewing-gum…

Tu traverses la rue seul, sans main qui serre la tienne, sans yeux qui regardent à droite et à gauche pour toi, sans une voix rassurante qui te dit « là, le bonhomme vert, ça veut dire que tu peux y aller »…

Tes « pourquoi » ne sont plus mignons mais agaçants, tes rêves ne sont plus adorables mais utopistes, tes monologues ne provoquent plus de « il parle comme un grand maintenant » mais des « qu’est-ce qu’il se la raconte ! »…

Il y a encore des choses qui te font très envie mais plus de Père Noël à qui les demander, tu fais encore des cauchemars mais tu ne peux plus te réfugier dans le lit de ta mère, tu as encore des rêves de petite fille mais tu sais maintenant que les contes de fée n’existent pas…


Quelques questions…

L’amour surprend-il encore, quand ce n’est pas la première fois qu’il s’impose à nous ?

Quand on connaît déjà le coeur qui bat plus vite, les mains qui deviennent moites, les joues qui rougissent, les doigts qui tapotent nerveusement, les idées qui s’embrouillent ?

Est-on encore sensible à ce genre de manifestation indépendante de notre volonté ? N’est-on pas par avance un peu blasé de ressentir cette excitation alors qu’on est déjà passé par là et que cela n’a rien donné de bon, fatalement, puisqu’on est encore célibataire ?

L’amour suffit-il à nous donner envie d’aller à la découverte de l’autre ? D’aller à la découverte de ce qu’on est capable de donner à l’autre ? Ne le sait-on pas déjà ? Ne s’en veut-on pas déjà pour tout ce qu’on a donné par le passé au nom de l’Amour ?

***

Combien de temps dure un amour à un sens unique ? Comment s’en défaire ?

Quand on découvre en nous une passion dévorante qui nous consume de l’intérieur, qui, ne demandant qu’à sortir au grand jour, est brimée par les limites que l’autre nous impose ?

L’homme est-il capable de supporter ça longtemps, sans en perdre la raison ? Comment apprendre à aimer comme l’autre voudrait qu’on l’aime, quand tout en nous nous hurle qu’on l’aime plus fort que ça ?

Comment réussir à donner une amitié sincère, pure, quand le désir paralyse notre corps tendu vers cette personne qui ne se donnera pas à nous ?

Comment continuer à faire semblant qu’une telle déchirure entre celui qu’on est et celui qu’on se doit d’être face à l’autre est gérable ?

Comment l’aimer moins, pour l’aimer mieux ?

***

Pourquoi faut-il que nos sens nous invitent à nous focaliser sur la mauvaise personne ?

Entre ceux qui, cruels, nous font inéluctablement souffrir et celle qui, indifférente, nous envoie des signaux contradictoires ?

Entre ceux qui, affamés, ne regarderont que les autres, plus belles, et celle qui, sans s’en rendre compte, nous invite à une sexualité nouvelle ?


Question de sémantique

En matière de communication, tout ou presque est permis pour nous aider à faire entendre à l’autre ce qu’on veut réellement dire : choisir le ton sur lequel les mots seront dits, amical ou menaçant, choisir le contexte dans lequel ils seront prononcés, en tête à tête ou au milieu d’une foule, choisir le langage non verbal duquel ils seront accompagnés, regards, mimiques, gestuelle. Tout cela compte, tout cela participe à l’échange et à la façon dont les messages seront interprétés…

Mais qu’en est-il des mots eux-mêmes ? Leur pouvoir est extrême, suprême même. Les mots sont la clé de voûte de la communication, du message et de sa valeur intrinsèque.

On aura beau les enrober de tous les froufrous des temps modernes, les accompagner d’expressions du visage torturées qui cherchent à les démentir, s’excuser juste après qu’ils ont « dépassé nos pensées », les mots prononcés résonneront toujours à l’oreille de celui qui les a entendus, sauteront toujours aux yeux de celui qui les a lus. Ce qui est dit n’est plus à dire mais surtout, surtout, ce qui est dit est dit.

Je ne suis pas adepte de l’adage qui dit qu’« il faut tourner 7 fois sa langue dans sa bouche » avant de parler, ça tue la spontanéité de son message, et c’est bien souvent dans cette spontanéité qu’on est au plus proche de l’essence même de ce qu’on a en tête, mais je dois le reconnaître, prendre le temps de choisir ses mots est primordial. D’abord parce que toute vérité n’est pas bonne à dire, et encore moins à entendre, d’autant plus que bien souvent il n’y a pas qu’une vérité universelle mais plutôt une interprétation de cette vérité par chacun. Ensuite parce qu’un mot dit ne pourra jamais être retiré, amoindri, effacé. Prononcée avec tendresse ou colère, susurrée ou hurlée, atténuée ou amplifiée par une ambiance, la parole donnée reste gravée. Enfin parce qu’on ne maîtrise jamais la façon dont l’Autre appréhendera ce discours qu’il redoutait, espérait ou ne soupçonnait pas. Parce que passés le soulagement, la surprise ou le dépit, resteront encore ces mots dont on ne sera jamais vraiment sûr qu’ils ont été dits pour plaire, punir, caresser ou attaquer.

Dis lui que tu le veux, dis lui que tu le kiffes, dis lui que tu as un coup de cœur inexpliqué, dis lui que tu ne sais plus que faire de votre histoire, dis lui « jtm », ou dis lui « je t’aime »

Dis lui que tu es en colère, dis lui que tu ne comprends pas, dis lui que tu ne peux pas pardonner, dis lui qu’il te faut du temps, dis lui « je t’en veux », ou dis lui « je te hais ».

Dis lui qu’elle te manque, dis lui que tu as envie d’elle, dis lui que tu l’as dans la peau, dis lui que c’est pour la vie, ou dis lui que c’est pour une nuit.

Dis lui l’un ou l’autre, mais ne va pas de l’un à l’autre… & choisis bien tes mots, leur destinataire mérite au moins ça.


Sus à la dichotomie !

Entre Monde des Bisounours & Monde des Ténèbres, il existe un no man’s land qui gagnerait à être un peu plus médiatisé.

Sortons des « je broie du noir » ou de leurs exacts opposés les « je vais bien, tout va bien » qui plongent notre monde (ou plutôt la perception qu’on en a) dans une dichotomie aussi malsaine que limitative.

D’un côté, une vision assombrie de l’Univers qui nous entoure. Ciel rempli de nuages, verre à moitié vide, horizon flou, quête perpétuelle de sens & comportement social Prozac`ment assisté. Du noir, de l’incertain, de la peur.

De l’autre, du fluo plein les yeux & des sourires niais sur les visages. Des arcs-en-ciel qui relient le Pays de Candy & la prairie des Teletubbies, des collègues merveilleux, des parents compréhensifs & des enfants divinement parfaits : tout le monde a été cloné sur Mary Poppins. Effet pervers : comportement social inadapté pour cause de manque de lucidité.

Ne pas tomber dans l’un ou l’autre de ces extrêmes n’est pas si difficile. L’endroit pour y échapper n’est pas situé sur la frontière ténue entre les deux univers. Au contraire, il est complètement en dehors de ce schéma, comme dans une autre galaxie.

Cet endroit a d’autres règles, d’autres modes de communication que le recours systématique aux larmes ou aux rires. Il est plein de douceur, juste ce qu’il faut pour ne pas produire de specimen moelleux à outrance. Il est bourré de mélancolie, juste ce qu’il faut pour encourager la recherche de bien être.

Je ne suis donc que bien. Je vais juste bien. La vie n’est ni noire ni rose, elle coule & m’entraîne, c’est tout, & ça me va.


Les jolies femmes

Les jolies femmes ont cela de fantastique que, nul besoin d’en faire des tonnes, elles auront toujours des pluies de compliments, quoi qu’elles fassent.

Quand une jolie femme décide de ne faire aucun effort pour s’apprêter, on ne dira jamais d’elle qu’elle est négligée. On insistera plutôt sur le fait qu’elle a choisi un « style négligé » qui la rend aussi « merveilleusement simple » que « naturellement belle« . On évoquera sa classe innée, son refus de suivre les tendances qui fait d’elle quelqu’un d’intelligent parce qu’indépendant de la mode. On soulignera son m’en-foutisme qui lui permet d’être sexy de façon originale & simple. Une jolie femme, c’est comme une petite robe noire : pas besoin de chichis ni d’accessoires, c’est classique & sexy en toutes circonstances…

Quand on n’a pas la chance de boxer dans cette catégorie, la vie n’est pas aussi simple… A partir du moment où on n’entre pas dans les critères de beauté standard, il est nettement plus difficile de donner l’envie à qui que ce soit de nous trouver la classe & le charme dont disposent naturellement celles sur qui se sont penchées à la naissance les fées de la beauté. Les fautes de goût ne sont pas aussi facilement pardonnées ni considérées comme un style à part entière. On parlera plutôt de négligence, de manque de coquetterie. On pointera l‘absence de style & de glamour. On soulignera la maladresse d’un trait de crayon ou d’un coup de peigne donnés avec un empressement flagrant…

Quand on n’est pas une jolie femme au sens commun du terme, on doit tout faire pour y ressembler ou au moins donner le change. Faire des régimes & du sport pour tenter d’avoir leur silhouette sans défaut. Maîtriser l’art du maquillage, du peeling et de la mise en pli pour avoir leurs visages de poupées hâlées. Dépenser une fortune en fringues & accessoires avant de trouver enfin son propre style, celui qui nous rapprochera le plus de leur élégance naturelle. Trouver la paire de chaussures, la coupe de cheveux, le hobby branché pour marquer des points & tenter de faire la différence…

Faire autant d’efforts pour gommer ses défauts & se rapprocher d’un idéal relève un peu du sacrifice. C’est jeter son originalité à la poubelle & effacer doucement celle que l’on est au profit de celle que l’on veut être. C’est abandonner ce qu’on a reçu en cadeau de la Nature au profit de ce que nous a imposé la Culture. C’est se tromper de combat en faisant primer l’apparence factice sur l’authentique profondeur.

Et malgré tout ça, c’est aussi & surtout rester sur sa faim… Se donner autant pour arriver à un résultat à peine correct ! Est-ce bien utile ? Quoi qu’on fasse, on n’aura jamais… JAMAISla classe, le piquant, l’attitude d’une femme pour qui la Beauté ne se travaille pas, n’est pas un combat quotidienCes femmes-là ont quelque chose de divin qui les rend inimitables & inégalables… & nous laissent pantoises & envieuses, nous pauvres mortelles


Devenir soi…

A la veille de son anniversaire, l’heure est généralement aux bilans.

Que fais-je ? Qui suis-je ? Où vais-je ?

On fait un point sur l’année écoulée & ce qu’on a accompli depuis le Jour J de l’année précédente. Là, c’est pile ou face, on gagne, y a une chance sur deux pour que le bilan soit positif.

A mesure que le temps passe, on se rend compte que prendre de l’âge ne signifie pas forcément se rapprocher de la personne qu’on a envie de devenir. Cette frustration d’ajouter des années à sa vie sans pour autant ajouter de la Vie à ses années* peut rendre dingue.

Quand on prend en plein visage, que tout frustré qu’on soit, le temps ne s’arrête pas de couler pour autant… comment faire pour gérer le difficile virage, aussi dur à négocier à 20 ans qu’à 40, que traverse celui qui, pour la première fois, prend conscience de l’écart entre son quotidien & la personne qu’il est en puissance ?

Fermer les yeux ? Faire comme si tout allait pour le mieux sans chercher à s’expliquer ou à guérir de son mal-être ?

Tenter le tout pour le tout ? Tout plaquer pour chercher enfin à se réaliser, loin de cette vie tellement conforme qu’elle en devient insupportable ?

Essayer d’incorporer un peu de magie dans son quotidien ? Doucement laisser la personne qui se cache au fond s’exprimer & se dévoiler en société ?

Devenir soi n’est pas quelque chose de facile, ni de naturel… Il ne s’agit pas seulement d’avoir un boulot sympa ou un(e) chéri(e) ou une belle maison pour être épanoui. Il faut aussi être en harmonie avec ce qu’il y a en nous de plus pur, de moins modifié par la vie en société. Assumer ce qui fait notre différence. Dire ce que les autres voudraient qu’on taise. Montrer ce que la société veut nous faire cacher. Se reconnaître dans un miroir, se sourire, se plaire même… tellement on est authentique. Affirmer son caractère, parler sans trembler, être fier de son comportement, assumer ses erreurs, parler sans censure, aimer sans censeur. Se donner aux autres tel que l’on est vraiment, sans fioriture, sans masque, sans s’inventer.

Nu & beau dans sa nudité. Fier.

Libre d’être soi, enfin.

* Issu d’une citation de Jacques Salomé qui disait que « Vieillir ensemble, ce n’est pas ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années ».


Aliénation !

  • Aliénation [Petit Larousse illustré, 2008]

1. Transmission à autrui d’un bien ou d’un droit.

2. Abandon ou perte d’un droit naturel.

3. Etat de l’individu dépossédé de lui-même par la soumission de son existence à un ordre de choses auquel il participe mais qui le domine.

Je suis dépossédée de moi-même. Soumise à une organisation professionnelle à laquelle je participe mais qui me domine.

J’ai perdu un droit naturel : celui de vivre une vie en harmonie non pas avec mes désirs (ça, c’est de l’ordre de l’Utopie…) mais au moins avec mes principes. Celui de me réaliser au quotidien. Celui d’associer labeur et épanouissement.

En ce qui concerne le premier point, je suis obligée de me porter en faux : moi ce que j’ai accepté de transmettre, c’est ma force de travail. Nullement autre chose. Je n’ai rien donné d’autre, ils me l’ont pris.

  •  S’aliéner [Petit Larousse illustré, 2008]

=> Détourner de soi : « par son attitude, il s’est aliéné toutes les sympathies ».

Je m’aliène mes rêves, mes désirs de grandeur, mes ambitions de petite fille. Je m’aliène ma capacité à fournir beaucoup d’efforts, à me concentrer pour la réalisation de mes objectifs. Je m’assois sur mes principes en m’associant à ceux qui ont fait de moi cette fille blasée. Je renie une partie de moi en leur souriant et en leur donnant le change. Je me sous-estime en leur offrant l’exclusivité de mes compétences.

C’est ma vie, c’est moi-même que je détourne de moi.

Et tant que je ne fais rien pour que ça change, c’est aussi mon honneur et ma dignité que je jette au fond d’une poubelle que je referme et dont je m’éloigne sans un regard en arrière, après avoir généreusement craché dessus.


La Ronde de nos Ex…

excoeurbris.jpgEn parallèle de l’état d’esprit décrit ici, une autre attitude, bien plus ancienne a priori, se révèle plutôt courante, du moins dans mon entourage immédiat : le recours désespéré à ceux qui ont dans le passé partagé quelques instants de nos vies.

En général, de ce que la plupart en disent, cette pratique est motivée par des impulsions d’ordre sexuel liées à un état hormonal chamboulé par un contexte particulier ou à une trop longue période d’abstinence.

Recourir à un ex a de nombreux avantages. Les conversations préliminaires sont bannies, ou du moins largement épurées. Plus besoin de séduire ni de convaincre : pour peu que les deux partenaires éprouvent simultanément des besoins similaires, toute la discussion type débat parlementaire devient superflue. Là encore, notre soif d’histoires à vive allure est épanchée dans des délais en général très raisonnables…

De plus, la phase de découverte du corps de l’autre et d’exhibition du sien étant passée (et avec elle la pudeur, les complexes, les craintes bloquantes…), rien n’empêche plus de se concentrer sur le « fond » du problème.lesex.jpg

Avec un peu de chance, on ne ressent rien d’autre qu’un peu de tendresse pour l’autre, ce qui désamorce d’emblée la pression (« vais-je le satisfaire ? » « va-t-il vouloir que je fasse ça ou ça alors que ça ne me dit rien ? ») liée à trop d’empressement de type « amoureux ». Il suffira alors de se concentrer sur son propre plaisir puisqu’on est pas dupe : c’est ce que l’autre fait aussi (dans 90% des cas…). Dans un contexte amoureux, l’enjeu est bien plus important puisqu’il faut s’assurer de donner suffisamment de plaisir à l’autre pour qu’il ait envie de rester…

Avec beaucoup de chance, notre partenaire est le roi de la couette, l’as du câlin torride… Contrairement à ce que la sagesse populaire aurait envie de souffler, on ne garde pas dans nos répertoires que les meilleurs coups qu’on a connus. Ceux-là sont en général trop bons pour être à notre disposition dès que la guitare nous démange un peu trop… Il faut donc parfois se contenter de partenaires plutôt moyens (pas médiocres, hein, médiocre c’est à peine plus efficace qu’un vibromasseur – et encore ! – alors autant économiser sa salive…) ! Mais une fois de temps en temps, une conjoncture céleste favorable, un renvoi d’ascenseur inespéré, un contexte étrangement propice permettent qu’on se retrouve, le temps d’une nuit, dans les bras d’un homme qui certes n’a pas su ravir notre coeur à jamais mais n’a aucune difficulté à ravir nos sens plutôt deux fois qu’une… Là, c’est le jackpot assuré, l’orgasme inévitable et le plaisir sans questionnement interminable à propos d’un éventuel avenir commun… Paradise on Earth ! Il s’agit bien sûr de profiter au maximum de ces occasions rarissimes et magiques… & également d’être un tant soit peu compétent pour que l’autre, de son côté, garde également une envie de reviens-y… On ne sait jamais, des fois que la période creuse dure un peu plus longtemps que prévu !…

expouroucontre.jpgBref, du rapide, du sans complexe et du sans attache, agrémenté dans le meilleur des cas d’une dose de plaisir tout à fait bienvenue… Notre petit carnet secret « spécial ex » peut s’avérer un formidable vivier pour les périodes de crise !

Il faut tout de même garder en tête qu’on ne peut en user et en abuser qu’à la condition sine qua non que tout sentiment romantique à l’égard de ladite personne a bel et bien disparu, et ce de façon définitive…

Si tel n’était pas le cas, le plaisir deviendrait torture et il est des tortures (pas toutes !) dont il faut savoir s’éloigner sous peine de récolter l’inverse de ce qu’on recherchait : peu de plaisir et beaucoup d’emmerdes…


Aimer et ne plus aimer… Se questionner.

Comment est-il possible que les sentiments qu’on a pour quelqu’un puissent disparaître du jour au lendemain ?

Comment expliquer qu’on aime, adule, adore, et qu’à la seconde d’après, plus rien ?… Pas un néant inquiétant mais juste une tendresse particulière, qu’on sent déjà résistante au temps qui ne manquera pas de s’écouler… Dernier vestige de ce qui était bien plus grand, bien plus fort l’instant juste avant…

Est-ce que l’Autre peut nous décevoir sans qu’il n’ait rien dit ou fait ? Comme une sorte de trop plein, sensation comparabale à celle qui nous envahit après qu’on se soit repus de notre dessert préféré ?

Est-ce dans l’éducation de nos jeunes générations ? Le fatalisme environnant ? On nous bombarde de statistiques alarmantes sur les divorces, les familles mono-parentales… Peut-on encore être romantique ?

Est-ce notre propre regard qui change ? Sans crier gare, nos yeux s’ouvrent à une autre réalité que celle qu’on a sublimée et nous laisse intrigués par la violence des sentiments qui nous nouaient le ventre quelques minutes avant ?

Est-ce dans l’air ambiant ? A l’heure où tout va vite, où tout est jetable, où on consomme plus que ce dont on a besoin, baignés dans une société d’opulence & de frénésie, est-ce encore envisageable de se « contenter » d’une seule histoire, longue et stable, nous interdisant de facto tout butinage ? Peut-être qu’être un papillon, une abeille allant de fleur en fleur revient à être « in » !

Le conformisme a peut-être changé de visage… Est peut-être passé de « marié, deux enfants » à « hédoniste multipliant les partenaires et les plaisirs »…

Ca a l’air bien plus facile, aujourd’hui, quand on est une femme, d’assumer son côté « croqueuse d’hommes » plutôt que ses idéaux fleur bleue !

Mais est-ce vraiment le fait de s’assumer mieux ? Cela voudrait dire que nous avons toujours été telles que nous sommes mais le cachions sous des couches de « socialement acceptable » !

Ou avons-nous vraiment changé ? Sommes-nous plus à la recherche du plaisir sous toutes ses formes, plus immédiat, plus éphémère, plus souvent renouvelé ?

Enfin, pire hypothèse… Et si, en fait, le « socialement acceptable » des années 2000 était justement de faire croire à une libération démesurée ? Que pour paraître branché et sein, il fallait affirmer qu’on multiplie nos partenaires et nos expériences… même s’il n’en est rien ?

L’urgence de l’amour, la précipitation dans la relation de couple sont-elles réellement de nouvelles façons d’aimer, calquées sur la rapidité de l’évolution de nos pratiques quotidiennes quelles qu’elles soient ? Ou sont-ce de nouvelles façons de se vendre à un public qui, plus que voyeur, est demandeur d’une exhibition qui va toujours plus loin, plus vite ?

Choisissons-nous vraiment d’aimer et de désaimer à la vitesse de la lumière ? Sommes-nous nous-mêmes, quand nous le faisons ? Sommes-nous, consciemment ou pas, mais volontairement en tout cas, de purs produits de notre société qui fait de nous d’éternels insatisfaits toujours en quête d’un renouvellement constant des choses ou personnes que nous « consommons » ? Ou au contraire subissons-nous, impuissants, l’effet de la disparition de la notion de vie privée ? Sacrifiant ainsi sur l’autel de la popularité nos désirs profonds de midinettes, nous lançant par là-même dans une course, une escalade où celui qui en montrera le plus suscitera le plus d’admiration ?

Dans ces conditions, dans ce contexte, peut-on encore croire en l’amour romantique ? Existe-t-il encore ?


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