Gourmand`Iz


On se dévore !

A lire avant : On se trouve… 

Elle aurait envie de lui dire qu’elle n’est pas ce genre de femme, qu’elle ne se reconnaît pas, qu’elle n’a jamais agi de la sorte avant. Mais surtout, ne pas faire de bruit. De l’autre côté du mur, il y a peut-être un collègue, un ami, un boss même, susceptible de les entendre. 

Elle l’a suivi sans un mot jusqu’aux toilettes les plus proches de la salle de réunion. Sans aucune hésitation. Elle ne sait rien de lui, à part son nom et la fonction qu’il occupe depuis peu dans l’entreprise où elle a creusé son trou depuis déjà 5 ans. Elle ne connaît de lui que ses yeux gris qui l’enveloppent d’un regard chaud, brûlant même. Et pourtant, elle l’a suivi. Ils sont entrés dans les toilettes les plus spacieuses, il a verrouillé la porte et s’est retourné vers elle. L’a déshabillée du regard. A souri, pour la première fois. 

C’est elle qui s’est approchée de lui. Sans vraiment comprendre ce qui la poussait à agir de façon aussi imprévisible. Elle n’a eu qu’à relever la tête de quelques centimètres pour que leurs bouches se touchent. 

Doucement d’abord. Leurs lèvres se frôlent à peine, légèrement, comme une caresse. Un premier contact timide, presque juvénile et empli de pudeur. 

Elle ouvre les yeux, tente de reculer d’un pas, soudain pleine de retenue. Mais il pose sa main au creux de son dos et la ramène contre lui d’un geste sûr et rapide. 

Puis le deuxième baiser. Brutal, passionné. Il cherche ses lèvres, les entrouvre du bout de la langue. Les embrasse, les mordille. Elle est blottie contre lui, abandonnée, sans force. Elle tente en vain de se redresser, de reprendre le contrôle, mais ses jambes se dérobent sous le coup de l’émotion violente. 

Nouvelle vague de désir. Des frissons, une exquise douleur dans le bas de son ventre, le rouge qui monte à ses joues. 

Etrange mélange de sensations que celui de fondre et de s’enflammer en même temps. Elle est consumée par un désir qui la dépasse complètement. Ses bras s’enroulent autour de sa nuque, son corps tout entier se serre plus fort contre lui et sa bouche avide part à la découverte de son visage… 

Il ne reste rien de ce qui aurait pu l’arrêter. Ni la peur qu’on les surprenne, ni celle qu’il la prenne pour le genre de femmes qu’elle n’est pas. Qu’elle n’avait jamais été avant lui. Il n’y a plus de retenue, plus de pudeur, plus d’envie de lutter. Il n’y a plus de crainte de mal faire, d’en faire trop, de ne pas en faire assez. 

Il ne reste rien de ce qui aurait pu l’arrêter. Il n’y a qu’une énergie qui ne demande qu’à être libérée. Un instinct bestial, primaire. Une pulsion animale. Qui se manifeste à l’intérieur de ses mains qui ont fait tomber sa veste, à l’intérieur de ses doigts qui partent à l’assaut des boutons de sa chemise, à l’intérieur de ses yeux, allumés par la flamme d’un désir si ardent qu’il semble jaillir hors d’elle… 

Tout comme jaillissent les premiers mots qu’il entendra d’elle… Un « j’ai envie de toi » murmuré à son oreille. A peine audible, mais impératif. Ce n’est pas une déclaration, c’est bien plus que ça, c’est presqu’un ordre. 

Qu’il exécute. 


On se trouve…

Deux réunions ont suffi. 

Lors de la première, ils ont été officiellement présentés, brièvement, de façon concise. Leurs regards se sont croisés plusieurs fois, d’abord par hasard, au gré des interventions de chacun, puis de façon volontaire, et appuyée. Elle n’avait même pas rougi, il n’avait même pas souri. Mais ils s’étaient compris.

Elle ne savait pas s’il serait présent à la réunion suivante. Elle n’en était pas sûre, mais elle s’était surprise à l’espérer. Avec tout ce que ça implique lors de ses préparatifs : jupe un peu plus courte, ongles un peu plus rouges, maquillage un peu plus prononcé. Rien de vraiment perceptible pour le commun des mortels, mais elle se plaisait à penser que lui, lui parmi tous, le remarquerait. Qu’il l’interpréterait comme le « oui » muet envoyé en réponse à une invitation tout aussi silencieuse. 

Il était arrivé avec quelques minutes de retard, s’excusant d’un geste de la main adressé à l’expert-comptable qui avait commencé la présentation de son rapport et avançant silencieusement vers le seul siège encore disponible. Plusieurs émotions se succèdent en elle. D’abord, le soulagement : il est là. Puis le doute : et si elle avait fantasmé ce qu’elle avait cru deviner lors de leur première rencontre ? Puis elle retient son souffle, il est en train de scruter discrètement l’assemblée, cherche quelqu’un du regard. Croise le sien. S’arrête de chercher, leurs yeux s’accrochent, elle respire. Puis, un torrent de lave qui l’envahit, se déverse dans ses veines. Sensation exquise : le désir. 

Cette fois, il sourit. Cette fois, elle rougit.

Les deux heures qui suivent lui semblent durer une éternité. Elle entend la trotteuse de sa montre frapper chacune des secondes qui s’égrènent. Les chiffres projetés sur le mur dansent devant ses yeux et les voix des différents intervenants lui semblent bizarrement métalliques. 

Midi. Enfin.

Le Directeur Général annonce une suspension de séance pour le déjeuner et invite tous les participants à se diriger vers le restaurant où ils sont tous attendus.

Elle prend son temps pour réunir ses dossiers et la salle est presque vide au moment où il s’arrête à sa hauteur.

Deux mots ont suffi : « suis-moi ». Et elle le suit…

A lire ensuite : On se dévore !


Zaz est née !

…pas la chanteuse insupportable, non…

Zaz, nouvelle Isa, née à Chamonix au début du mois de mars.

Celle qui aime sortir & s’amuser, faire la fête, danser…

Celle qui veut prendre le contrôle plus souvent mais est limitée par des contraintes matérielles et morales, et heureusement qu’elles existent !


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